Aide Humanitaire au Rwanda
aide humanitaire au Rwanda

Aperçu de notre voyage en octobre 2006 et suivi des projets

Chers amis, chers fidèles bienfaiteurs,

Comme à chaque rentrée de voyage, nous nous faisons un plaisir de vous tenir au courant de nos activités au Rwanda et du suivi des projets.

Le projet "Infura z'Umutima" ou Noblesse de cœur : la scolarité
Nous sommes parties le 14 octobre 2006 : cette fois, nous sommes trois : Jacqueline, Claire et sa fille Véronique. Nous sommes rentrées le 1er novembre. Dans l'ensemble la situation est bonne et nos jeunes font de beaux progrès. Nous sommes arrivées à la fin de l'année scolaire, alors que les écoles étaient encore en fonctionnement et les examens non faits. Comme nous avions eu beaucoup de difficultés l'année dernière de rencontrer les directions d'école à cause de la période des grandes vacances, nous avons donc décidé, cette fois-ci, de partir un peu plus tôt dans l'année. Nous avons visité toutes les écoles de nos enfants et de nos jeunes : les résultats pour les trimestres précédents sont encourageants pour la majorité d'entre eux. Nous avons aussi décidé, en cas d'échec, de les réorienter vers un métier afin de ne pas leur faire perdre leur temps à poursuivre des études pour lesquelles ils n'ont pas l'aptitude requise.
Notre groupe, qui est composé à l'heure actuelle de 52 enfants, poursuit sa scolarité : 3 sont à l'université, 2 viennent de terminer une section secondaire et vont se perfectionner en anglais et en informatique avant de chercher du travail, et, pour les autres, la majorité sont en secondaire ou en section technique, électricité, soudure, menuiserie, hôtellerie, coiffure, et une quinzaine sont encore en primaire, à l'école de M. Jackson dont nous parlerons plus loin. Plusieurs jeunes sont lancés dans la vie après avoir acquis une formation. Deux jeunes filles terminent la section coiffure et une autre a terminé l'hôtellerie : maintenant, leur avenir est entre leurs mains expertes !
Nous avons aussi décidé, pour ces prochaines grandes vacances qui débutent maintenant, d'obliger nos jeunes à trouver un petit travail de vacances afin de subvenir un peu eux-mêmes à leurs besoins. Il n'est pas juste que les "vieux" (leurs vieilles mamans de Belgique) travaillent d'arrache-pied chaque jour pour que, eux, les "jeunes" se prélassent à ne rien faire dans l'attente de l'allocation venant d'Europe. Nous leur donnerons donc, pour vivre durant ces vacances, le strict minimum ; à eux de faire chacun un petit effort pour améliorer l'ordinaire. Il faut que nous songions à les préparer à affronter l'avenir, quand nous ne serons plus là pour les aider. Certains, bien conscients de cela, sont venus nous demander un peu d'outillage pour mettre en pratique leurs connaissances (électricité, construction), même si leurs formations ne sont pas terminées. Bravo à ceux-là !

Projet de construction de maisons pour nos jeunes orphelins
Au sujet de l'habitat de nos jeunes, nous poursuivons la construction (ou la reconstruction) des maisons familiales. Bon nombre des jeunes ont une parcelle et, vu la hausse vertigineuse des loyers, nous avons décidé d'offrir un logement à chaque fratrie. Les choses vont lentement, et, à l'heure actuelle, nous sommes parvenues à faire construire onze maisons et à en acheter une toute faite pour un de nos garçons.
Au cours de notre voyage nous avons été voir les maisons qui venaient d'être construites afin que l'entrepreneur sache bien qu'il n'est pas autorisé à travailler n'importe comment. Les maisons sont faites en briques adobes (boue séchée) et cimentées à l'intérieur et à l'extérieur, de même que le sol. Les fondations sont en pierre pour éviter la dégradation par la pluie. Les portes et fenêtres sont en acier (avec vitres), la toiture est en tôles ondulées. Ce sont des maisons très sobres. Nous faisons aussi construire dans chaque parcelle un petit bâtiment : cuisine, douche et toilettes. Lors de nos visites nous faisons nos commentaires également sur la façon dont la maison et la parcelle sont tenues : parfois c'est impeccable, parfois totalement désordonné.

Projet de construction de 12 toilettes à l'école primaire misérable de Nyanza-Kicukiro
Le projet de construction de toilettes dans l'école de Kicukiro-Nyanza que fréquentent la majorité de nos enfants en primaire est achevé, remédiant ainsi à un problème crucial d'hygiène publique. Les fonds ont été récoltés grâce à une école belge dont les jeunes se sont mobilisés dans diverses actions : marches et longueurs de bassin de natation parrainées, jeûne de toute une classe pendant 24h : l'argent économisé étant mis dans la cagnotte, services rendus dans le voisinage. Il faut dire que, dans cette école, de nouvelles toilettes venaient d'être construites, ce qui sensibilisait particulièrement les jeunes.

Projet d'amélioration de la nutrition à l'école primaire de Nyanza-Kicukiro
Au départ, le projet consistait à nourrir une centaine d'enfants des plus pauvres venant à pied de chez eux sans avoir pris aucun aliment et qui restent à midi sans manger en attendant la reprise des cours à 14 heures, l'unique repas quotidien et familial étant pris le soir (quand tout va bien !).
Nous pensions leur faire préparer une bouillie de sorgho qui revient à 5 euros par mois et par enfant. En concertation avec les enseignants et la direction, il ressort qu'il était plus judicieux d'offrir, pour le même budget, un vrai repas complet, et non de la bouillie, à une cinquantaine d'enfants choisis parmi les plus misérables. La direction et le comité de ce projet nous ont convaincues de modifier notre objectif, ce que nous avons accepté après avoir analysé avec eux la situation. Le projet a débuté cette année-ci et est bien en place. Nous comptons poursuivre notre action sur ce plan l'année prochaine.

Projet d'adduction d'eau à l'école primaire de Nyanza-Kicukiro
L'école nous demande aussi 2 citernes d'eau de pluie, car il n'y a aucun raccordement à l'eau sur place, ni même dans les environs immédiats. Il faudrait relier les toits des bâtiments à ces citernes, prévoir des gouttières, des descentes d'eau. Les classes se font dans des pavillons formant carré autour de la cour de récréation, esplanade en terre battue qui a bien 100 m. de longueur sur 25 de large. Une citerne serait installée à chacune des deux rangées de bâtiments, et une gouttière devrait courir tout du long pour l'alimenter. C'est vraiment dommage de laisser se perdre cette eau, car on connaît là-bas les pluies torrentielles africaines !!
Le budget n'est pas encore arrêté, mais tournerait aux environs de 5.000 euros. Qui veut bien se mobiliser pour nous aider à trouver cela ?

Un village de pygmées : projet de scolarisation et soins de santé
En avril 2005, Claire et Véronique avaient été visiter un village de Batwas (3ème ethnie au Rwanda qui compte environ 1% de la population). Ce sont des pygmées. Ils vivent encore à l'âge de la pierre, sans quasi aucune référence à l'argent. Ils essayent de gagner leur vie en faisant de la poterie. Ils vendent leurs pots au marché (20FRW le pot), alors que un kg de haricots coûte environ 350 francs rwandais…. Ils n'ont aucune idée de la valeur des choses. Il en résulte une extrême pauvreté : pas d'école (sauf à de rares exceptions près), pas de soins médicaux, un habitat misérable sans aucun confort – ni matelas, ni couverture-, des vêtements sales et déchirés tenant ensemble par la force de l'habitude, pas de savon pour la lessive, pas d'eau non plus au village…. et une multitude d'enfants glanés ça et là au hasard des rencontres : les femmes acceptent de donner un petit peu de leur temps à un homme qui leur promet un kg de riz ou un morceau d'étoffe, ou un petit vêtement.
Ce village est situé au centre du pays. On y accède uniquement à pied. Il compte actuellement 72 personnes (y compris les bébés), quelques rares hommes, toute une population féminine, 22 enfants en âge scolaire (dont 19 ont demandé la scolarisation pour l'année 2007), 4 petits enfants de 5 ans que nous allons mettre dans une école maternelle toute proche, de nombreux bébés et quelques jeunes gens non scolarisés. Nous avons décidé, tout comme nous l'avons fait lors de notre voyage de novembre-décembre 2005, de leur venir en aide en accédant à leurs demandes, à savoir : la scolarisation des enfants, l'inscription à la mutuelle de santé pour tout le monde, ainsi que des vêtements.
Nous avons payé directement le minerval de toute l'année scolaire 2007 pour les 19 enfants en âge scolaire et les 4 enfants de maternelle. La Sœur responsable de la Communauté religieuse toute proche instigatrice du projet, a reçu de l'argent pour payer les uniformes des écoliers, les cahiers, les fournitures scolaires indispensables, ainsi que pour acheter à chaque personne du village une tenue correcte comme cadeau de Noël.
La Sœur directrice du centre de santé a reçu la cotisation de toutes ces personnes pour l'inscription à la mutuelle pour cette année 2007, tout comme nous l'avions fait déjà l'année dernière.
Lors de notre visite dans ce village, nous avons pu voir nous-mêmes une nette amélioration de leur santé et de leur état. Les habitants, qui ignoraient notre venue, étaient propres ; les vêtements qu'ils portaient (offerts par notre asbl l'année dernière pour Noël) étaient lavés eux-aussi. Bref, nous étions vraiment contentes de voir le progrès qui s'était opéré en un an. Quand ils ont appris que nous poursuivions notre aide de scolarité, de mutuelle et de vêtements, ils étaient très heureux ; nous avons eu droit à la fête : chants et danses improvisés, de toute beauté, pleins de joie, de grâce et de charme…

Poursuite du projet Komera
Ce projet, qui regroupe une association de femmes, va son petit bonhomme de chemin ! Certaines femmes réussissent très bien à s'en sortir par l'exploitation du projet mis en place une autre année, d'autres ont plus de difficultés. Elles viennent nous voir et nous examinons ensemble comment améliorer les choses : bien souvent ces femmes sont fort jeunes, n'ayant aucun soutien de famille et ne sachant trop à qui faire confiance.

Projet de scolarité et de camps de vacances à Kigali géré par les Pères Pallottins
Comme l'année dernière, nous avons logé chez les Pères Pallottins à Gikondo (colline de Kigali). Outre un centre de formation, ils ont un projet d'éducation similaire au nôtre, bien sûr, d'une autre envergure. Eux aussi mettent à l'école secondaire de nombreux élèves issus de familles pauvres des environs (environ 200). Nous avons promis de les aider à boucler, en partie, leur budget, par un don de 2.000 euros, tout comme nous l'avons fait au cours de cette année 2006.
Ils ont aussi un projet de camps de vacances afin d'occuper les jeunes de la ville pendant les congés scolaires. Nous savons que des jeunes désœuvrés ne peuvent pas faire grand'chose de bon. Les Pères Pallottins mettent sur pied un « patronage » occupationnel. Le projet est d'envergure tant au niveau financier que moral. Nous leur avons promis de l'aide.

Le projet de cours de rattrapage de français dans une école secondaire de Kigali qui nous avait été soumis l'année dernière (novembre 2006) et pour lequel nous n'avions pas encore de buget a été pris en main par l'Alliance Française. Notre soutien n'est donc plus nécessaire.

Et nous dans tout cela ?
Chers amis, vous nous connaissez. Cela fait plus de 10 ans que nous nous dévouons corps et âme pour cette cause d'envergure : par de petites choses à échelle humaine, redresser ce pays meurtri et procurer une vie décente et une formation à des jeunes qui ont croisé notre chemin.
Cependant…nous ne sommes plus toutes jeunes, puisqu'en 1994 au moment du génocide nous étions déjà grands-mères. Notre mobilité se réduit, il n'est plus possible pour nous de prendre les transports en commun du Rwanda, de trimbaler des sacs à dos et des bagages, de faire des km à pied sur les collines. Chaque chose en son temps. Nous avons acheté, pour 4.300 euros, une petite voiture « tous-terrains » Suzuki Vitara de 1996, qui n'a que 80.000 km. A cela il a fallu ajouter les frais de transport. Ce fut une grosse dépense, la première il est vrai qui nous concerne directement, mais, comment faire du bon travail si on n'a pas de bons outils, et cette voiture en est un. Elle marche à la perfection et nous a menées avec courage et vaillance dans des endroits quasi impraticables !

Vous vous doutez aussi, chers amis, de la charge de travail qui pèse sur nos épaules, non seulement charge du travail administratif : tenue impeccable de la partie comptable, de l'encodage des dons, de la distribution judicieuse de l'argent par virements mensuels à chaque famille (plus de 380 virements pour l'année 2006 à l'heure où j'écris ce petit compte-rendu), du payement des scolarité aux diverses écoles, mais aussi de toute la charge morale de la gestion du quotidien de leurs vies, des petits et grands tracas dus à leur comportement, à la différence de culture. Heureusement nous avions mis en place il y a deux ans un "Comité de Mamans" composé de 3 personnes. L'une d'elle vient malheureusement de décéder : elle vivait à Kigali et était le principal relais entre les enfants et nous quant à la gestion de la vie quotidienne. Depuis son décès, les enfants se sentent à nouveau complètement perdus. Nous avons tenté, au cours de cette mission, de remédier à cela. Certaines personnes nous ont promis de l'aide, mais jusqu'à présent rien de concret n'est sorti de cela. C'est un gros souci que nous portons dans notre cœur actuellement et que nous tenions à vous partager.

Ce que nous cherchons :
Un ou deux ordinateurs portables.
Il y a quelque temps, une ou deux personnes nous en ont déjà offert. Merci beaucoup. Cependant, nous sommes toujours à la recherche d'ordinateurs portables pouvant aller sur internet : les jeunes en fin d'études secondaires doivent se rendre dans les cybercafés pour prendre de la documentation, vu qu'il n'y a pas de manuels scolaires et ceux qui sont à l'université doivent posséder un portable afin de pouvoir travailler leur mémoire. Merci, si vous remplacez le vôtre, de songer à nous offrir l'ancien.

Des instruments de musique : guitares, claviers, ...
Grâce à notre amie Una chez qui ils ont vécu plusieurs années, nos jeunes savent jouer de la musique: guitare, clavier, batterie. Plusieurs d'entre eux font d'ailleurs partie d'un orchestre. Ils nous demandent des instruments ! Si par hasard une guitare ou un clavier dort dans votre grenier et que vous avez envie qu'elle(‘il) chante encore, offrez-la(le) à un de nos enfants.

Un groupe d'écoliers encadrés par leurs parents, qui pourrait offrir à 50 enfants un repas par jour, soit 500 euros par mois ; par exemple les écoliers d'ici pourraient se priver de leur collation de 10 heures une fois par semaine, et mettre l'argent ainsi épargné dans une cagnotte...

Des fonds pour mettre sur pied la collecte d'eau de pluie dans l'école de Kicukiro-Nyanza (5.000 €)

Des fonds pour le soutien du "patronage de vacances" pour les enfants désœuvrés des villes (1.000 €)

de nouveaux clients pour notre système téléphonique "Phone-Plus" (opérateur belge, moins cher que Tele2 mais n'ayant pas ses possibilités financières pour faire un battage publicitaire important)
Certains d'entre vous savent qu'une de nos sources de revenus provient de notre activité commerciale en tant qu'agent de Phone-Plus. Si vous adhérez gratuitement à Phone-Plus par l'entremise de notre asbl, vous verrez vos factures de communications téléphoniques se réduire sérieusement (surtout si vous passez encore vos communications par Belgacom) et vous nous procurerez, par les petites commissions afférentes à vos factures, un revenu qui nous permettra d'intervenir auprès des enfants orphelins du Rwanda. Est-ce trop beau pour être vrai ? Contactez-nous au 02.345.64.68 ou au 0494.54.12.54.

Le prochain voyage est programmé pour avril 2007, si nos fonds nous le permettent. Cette année, en avril 2006, nous avions programmé un voyage, mais, voilà, faute de liquidité de trésorerie, nous avons dû y renoncer. A cette époque, nous avions un gros souci pour arriver à payer les scolarités et les internats du trimestre après Pâques et nous avons dû faire appel à nos bienfaiteurs. Merci encore à ceux d'entre vous qui ont répondu favorablement et rapidement à notre demande !

Avec toute notre reconnaissance pour votre fidélité !

Jacqueline Depiesse-Ausloos (Présidente)

Claire Iserentant-Ausloos (Secrétaire générale)

Véronique Pirnay (membre fondateur)


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