Aide Humanitaire au Rwanda
aide humanitaire au Rwanda

Petit Courrier du 31 octobre 2003

Cartes de vœux artisanales en feuilles de bananier

Revenant du Rwanda, nous en rapportons de splendides cartes de voeux en feuilles de bananier.
Il s'agit d'un bristol double sur lequel sont collés des fragments de feuilles séchées allant du jaune or au brun foncé afin de former divers motifs : Noëls, paysages, scènes de la vie quotidienne, animaux.
Ces cartes sont en vente au prix de 5 euros la pochette de 4 (plus frais de port éventuels) au profit des enfants vulnérables soutenus par notre asbl "Pomme et Papaye".
Quelques motifs sont visibles sur notre site mais nous en avons une quarantaine au moins.
Commandez vos pochettes, soit par e-mail chez Claire Iserentant-Ausloos ou chez Jacqueline Depiesse-Ausloos, par téléphone au 081/65 90 72 ou 02/345 64 68 ou 084/36 70 86 ou 0474/930670, ou par fax au 081/65 54 92 sans oublier de mentionner votre adresse pour l'envoi.

Nous cherchons aussi des personnes bénévoles désireuses de vendre nos cartes après de leurs amis ou dans leur chorale, mouvement de jeunesse, clubs, etc. Cela nous aiderait beaucoup car nous en avons rapporté un bon stock afin d'aider l'atelier qui les fabrique.

Merci pour eux, et pour les jeunes qui confectionnent ces cartes au lieu de traîner dans la rue.

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Des nouvelles de notre famille « Infura z'Umutima » : un nouveau défi !

Nous voici de retour après 4 semaines passées là-bas.
Les enfants d'Una, la famille « Infura z'Umutima » ou « Noblesse de cœur » nous attendaient avec impatience, pour nous soumettre un projet dont ils avaient déjà parlé avec Una, mais pour lequel ils demandaient notre accord et notre aide.

Il y a 9 ans déjà que la plupart de ces enfants, alors âgés d'une dizaine d'années, ont été pris sous notre protection, les enlevant à la rue et à tous ses dangers. Neuf ans déjà que vous soutenez ce groupe, cette famille, comme l'appelle Una.
Ils ont 18 ans maintenant, et se soucient de leur avenir et surtout des familles proches ou lointaines qui les ont laissé partir vers un horizon meilleur. Nous avons pu découvrir que ces enfants, se disant « orphelins », ne l'étaient pas tous.

Ils nous font connaître leur famille : Barengayabo (16 ans) qui vient de retrouver sa mère, sortie de prison il y a peu, et reprenant autour d'elle les 5 enfants qu'elle n'a plus vus depuis 8 ans ; Faustin(18 ans) qui retrouve sa mère, sa sœur jumelle Jacqueline, ses petits frères et sœurs... et la pauvreté qui règne dans la masure ; David, Patrick, deux frères ayant vécu jusqu'ici chez Una, qui veulent rester avec leur mère et les autres frères et sœurs. Ils sont 8, dans une misère terrible. Mais ils veulent maintenant rester ensemble.

Chacun de nos enfants a son histoire, dont le maître-mot est : pauvreté et dénuement. Ils se sentent responsables de leurs familles, à qui ils nous disent pouvoir apporter secours et réconfort.
Ils nous demandent de l'aide pour organiser leur vie dans leurs familles respectives, avec une mère, une sœur, une tante, des cousins.
Ils nous font part de leur désir exprès de vivre désormais ainsi.
Ils en ont discuté longuement avec Una qui les comprend, comme toute mère laisse partir ses enfants lorsqu'ils se jugent assez grands pour s'ouvrir au monde.
Nous organisons donc la vie courante avant de penser à la rentrée scolaire, reportée au 6 octobre pour cause d'élections présidentielles.
Chaque chef de famille est là pour nous voir, car il s'agit maintenant d'organiser concrètement le retour en famille de ces jeunes et d'assurer leur subsistance quotidienne et la scolarité. Nous faisons ouvrir un compte aux chefs de famille, et y verserons chaque mois une part de ce qui allait en bloc à Una pour les besoins courants.

Certains sont vraiment seuls. Ils veulent organiser leur vie comme des grands, ne plus être coupés de leurs racines. Ils demandent à vivre ensemble en un petit groupe de 5, dont 2, déjà grands, sont encore à l'école primaire. Un chef de maison est élu, à qui un montant sera versé mensuellement pour les besoins de la maisonnée.
Ils se sont débrouillés pour trouver une maison, dont la location est prise en charge par nous.

De même, un de nos aînés, Habituze, 22 ans, désire prendre en charge ses 4 petites sœurs, tous hébergés auparavant chez Una. Une maison est trouvée, pour un loyer raisonnable (15.000 FRW, soit 24 euros/mois, électricité comprise).
Ces jeunes retournent à la vie de leurs semblables, ils doivent avoir une vie décente mais nous ne pouvons ni ne voulons en faire des « gosses de riche » et les faire vivre d'une façon impossible à assurer lorsqu'ils seront lancés dans la vie, après leurs études et s'ils ont la chance de trouver un travail.
Ils savent que notre aide s'arrêtera avec leur arrivée à l'âge adulte, soit quand les études seront finies. Ils auront alors le bagage normal qui les aidera à démarrer dans la vie, ni plus ni moins que les autres jeunes de leur génération.

Ensuite, nous nous sommes attelées à l'organisation de leur scolarité.
Ceux qui ont raté leur année la recommenceront. Il ne s'agit pas de brader l'école pour finir plus vite et recevoir un diplôme d'une école privée qui enseigne peu et coûte beaucoup.
Nous désirons qu'ils aillent dans des écoles reconnues par l'état, dont la qualité de l'enseignement est la meilleure.
Beaucoup de nos jeunes sont en 2ème ou 3ème secondaire. Notre bachelier, Jean-Damascène, commence l'université à Butare en janvier prochain, la session ayant été reculée de plusieurs mois.

Quelques-uns sont encore à l'école primaire, surtout les filles qui n'ont rejoint le groupe que plus tard chez Una.

Que faire alors des petits frères et sœurs qui voient arriver chez eux celui qui est à l'école, alors qu'eux-mêmes ont jusqu'ici joué dans la poussière?
En concertation avec les familles nous décidons d'offrir à ces enfants un minimum de scolarité : au moins savoir lire, écrire, compter. Nous mettons tout le monde à l'école primaire, comme Una l'a fait il y a 9 ans pour les « nôtres ». Et c'est ainsi que de 31 le nombre de jeunes à scolariser passe à plus de 45...

Heureusement, la scolarité en primaire est moins chère, mais il s'agit de faire face à tout cela.
Le minerval coûte 4.500 FRW/an + l'uniforme et les cahiers + des frais annexes, ce qui nous amène à 40 euros par enfant et par an.
Allions-nous priver un enfant du savoir et de l'ouverture de son intelligence? Pour 40 euros? L'année scolaire actuelle est assurée, demain est un autre jour...

Ensuite nous avons entrepris le tour des écoles secondaires, pour payer le minerval annuel, et offrir à nos jeunes tout le matériel scolaire et celui nécessaire à l'internat.

Et Una, me direz-vous, que va-t-elle faire maintenant ? Elle reste au Rwanda, à Gisenyi. Depuis quelques mois elle s'est beaucoup impliquée dans la musique et va vivre de cela : déjà une de ses chansons passe régulièrement à la TV et à la radio. Elle va aussi reprendre son ancien métier de chroniqueur dans l'un ou l'autre journal anglophone et recevra les enfants en visite !

Les enfants sont bien conscients que, sans elle, ils ne seraient jamais où ils sont actuellement. Nous possédons certaines photos alors qu'ils étaient très jeunes, aux tout débuts de notre action. Les voilà maintenant de beaux jeunes gens en pleine santé, épanouis et prêts à prendre tout doucement leur existence en main. C'est à elle qu'ils doivent cela, ils ne lui en seront jamais assez reconnaissants.

Vous non plus chers parrains et bienfaiteurs, vous n'êtes pas oubliés dans la reconnaissance de notre famille « Infura z'Umutima ». Les jeunes savent que ce sont des personnes de bonne volonté en Belgique qui les font vivre. Ils vous remercient du fond du cœur pour tout ce que vous avez fait pour eux jusqu'aujourd'hui.

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Le projet « Komera »

Nous avons reçu aussi nos familles protégées, regroupées dans une association appelée « Komera », ce qui peut se traduire par : vas-y, courage ! Il s'agit le plus souvent de mères veuves avec enfants, en élevant souvent d'autres recueillis au décès de leurs parents.
Ces femmes courageuses veulent prendre leur avenir en main. Nous sommes sur le point d'acheter un atelier de couture et broderie à Kigali où l'on pourra vendre les marchandises qu'elles confectionnent.

Yvette, notre brodeuse experte, a terminé pour nous deux très jolies nappes.
Si vous avez un cadeau de mariage à faire ou si vous désirez une nappe assortie à votre service, contactez-nous. Pour une somme raisonnable vous aurez un travail très fin (aussi beau à l'envers qu'à l'endroit !) et vous pourrez ainsi parer votre table lors de réunions entre amis ou en famille.
Attention, il faut quelques mois de patience lorsque vous aurez commandé, car cela représente beaucoup d'heures de travail. Yvette peut également broder sur votre tissu. Contactez-nous par tel ou e-mail (081/65.90.72 - 02/345 64 68).

Elysabeth coud admirablement. Si vous désirez qu'elle fasse un vêtement pour vous, c'est possible aussi.

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Les deux centres de santé de Nyange et Rutonde (Kigali rural)

Nous sommes allées rendre visite à ces deux centres qui se trouvent loin sur les collines, à plusieurs heures de jeep de Kigali, par des pistes incroyables.
A Rutonde, le responsable, Denis, nous a montré les salles d'hôpital dont les matelas ont été refaits grâce à l'aide d'une Fondation suisse.
Il nous parle d'un problème de toilettes. Celles qui ont été construites il y a plus de 15 ans sont inutilisables, et nous sommes sollicitées cette fois pour un montant de 2.500 euros afin d'en construire d'autres, tout près des salles d'hôpital.

Ils ont actuellement un manque de trésorerie pour boucler la fin de l'année, l'aide généreuse octroyée par la Fondation suisse l'année dernière étant épuisée, de même que les fonds recueillis cette année auprès de la population pour l'adhésion à la mutuelle. Il faut trouver d'urgence 2.000 euros pour que le centre puisse encore acheter les médicaments destinés aux soins.

A Nyange, la responsable, Jeannette, nous tient le même langage à propos de la mutuelle.
Cependant elle nous relate la meilleure santé de la population en général, grâce également aux fonds débloqués l'année dernière par une Fondation Suisse.
Les malades n'attendent pas que la situation soit critique pour se faire soigner.
Elle a aussi besoin d'une somme de 2.000 euros pour faire face au manque de médicaments d'ici à la fin janvier 2004.

Nous avons aussi rencontré les 2 élèves infirmiers attachés à ses deux centres, qui, grâce encore au don de la même Fondation, poursuivent leurs études avec brio.

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Le projet des chèvres

Il y a 2 ans nous avons commencé avec ces deux centres un projet de chèvres allaitantes, à disposition des familles.
Le démarrage a été un peu difficile, mais maintenant les gens sont contents et habitués à donner ce lait à leurs enfants. Il a fallu vaincre des réticences et des idées ancestrales. Les mamans voient que leurs enfants n'ont plus de kwashiorkor et qu'ils sont plus vigoureux.

Les gens apprennent ainsi à mieux nourrir leurs petits enfants, par l'exemple et les informations données au centre de santé.

Nous allons continuer une deuxième phase, en rachetant d'autres chèvres qui, ayant mis bas, seront remises à une autre famille, et ainsi de suite. La condition à respecter est de traire la chèvre et de donner le lait pour la consommation humaine.

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Le projet de latrines dans une école primaire

A l'école primaire de Masaka, en janvier dernier, il n'y avait pas de toilettes pour une population de plus de 2.300 élèves !
Grâce à l'action courageuse et enthousiaste des élèves du Collège Saint-Michel à Neufchâteau, ainsi que du corps professoral, nous avons pu financer la construction de 24 toilettes, qui sont maintenant terminées.
Il reste encore à finir l'aménagement d'un bâtiment, pour une valeur de 300 euros.

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Conclusion

De plus en plus nous nous rendons compte qu'en donnant un petit coup de pouce à une population démunie mais déterminée, des solutions sont trouvées et des améliorations possibles.

Voilà chers amis comment furent remplies ces 4 semaines de travail sans relâche.
Alors... on continue ensemble ?

Excusez-nous de ce long « petit courrier » mais vous avez le droit de savoir comment votre argent a été utilisé.
Votre petite pierre a servi à l'édification d'un monde meilleur. Soyez-en remerciés.

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